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HUDDA et...

LES ACTEURS

La construction d’un grand barrage :

un système multi-acteurs complexe

 

 

Lors de la construction d’un grand barrage, les acteurs sont nombreux, et leurs échelles d’action, variées. Cette complexité nécessite la présence d’une entité extérieure, pour faire le lien et apporter de la cohérence au projet.

 

L’État et son administration déconcentrée C‘est l’entité souveraine sur le territoire national. Il est souvent le porteur des projets de grands barrages, notamment parce qu’ils sont considérés d’utilité publique, peut déléguer la maîtrise d’ouvrage à un constructeur, et possède tout ou partie de la société d’exploitation du barrage. Il peut demander des comptes aux acteurs mandatés par le biais d’un comité de pilotage où sont rassemblés différents ministères concernés par le projet.

 

Les organismes de prêts Ils prêtent des fonds pour la conception et la construction des grands barrages. Plusieurs types existent. Tout d’abord, les banques publiques, propriétés de l’État. Il y a également les organismes d’aides bilatérales, lorsque le prêt émane d’un État étranger. Sinon, ce sont des institutions internationales (comme la Banque internationale pour la reconstruction et le développement), dans le cadre d’une aide multilatérale au développement.

 

La société de projet C’est la société qui dirige la conception et la construction d’un grand barrage et qui est en charge de son exploitation après sa réalisation. Elle peut être intégralement possédée par l’État, mais des parts peuvent aussi être détenues par d’autres entités privées ou internationales, qui ont investi dans la conception et la construction du grand barrage. L’État donne alors une concession d’exploitation à cette société pour plusieurs dizaines d’années.

 

Les bureaux d’études Ils réalisent les études préliminaires, notamment techniques, et doivent rédiger une étude d’impacts environnementaux et sociaux pour estimer les conséquences du grand barrage sur le territoire.

 

Les collectivités locales Elles ont des compétences pour certains services publics, et peuvent être chargées de la planification de l’occupation des sols et de la gestion du foncier. Elles sont donc centrales dans la mise en œuvre des indemnisations et des déplacements de population.

 

Les populations locales, parmi lesquelles :

 

- Les communautés locales Elles constituent des structures informelles, mais parfois reconnues par l’État, avec une unité et une hiérarchie. Elles sont en outre porteuses de cultures locales. Le plus souvent, le territoire occupé par les membres de ces communautés ne correspond pas aux périmètres des grands barrages. À ce titre, ce n’est qu’une partie des communautés qui est directement impactée par les barrages réalisés. Pour autant, ces communautés doivent être considérées comme un tout, dans la mesure où le bouleversement dû à la construction d’un ouvrage hydraulique peut en modifier l’unité, l’organisation et la structure.

 

- Les populations déplacées Elles sont membres des communautés locales. Outre leurs maisons, elles peuvent également perdre une activité économique rémunératrice, notamment de pêche et d’agriculture. Plus généralement, c’est tout leur environnement et leur culture qui est bouleversé par la construction du grand barrage.

 

- Les propriétaires fonciers : Ils sont membres des communautés locales. Ils peuvent être expropriés, et à ce titre indemnisés, si l’ouvrage est réalisé sur des parcelles leur appartenant ou si le lac submerge leurs terres. Lorsque l’espace submergé est le substrat d’une activité économique (le plus souvent agricole, car il s’agit de terres de culture), ils perdent aussi un revenu.

 

- Les populations en aval Elles ne sont pas déplacées, mais touchées parce que le grand barrage occasionne une modification du débit du fleuve en aval. Ainsi, elles connaissent une modification des paysages qui les entourent et de leurs activités économiques (en particulier d’agriculture et de pêche). En outre, elles font parfois partie des communautés locales dont une partie des membres ont été déplacés.

 

La société civile, composée :

 

- Des ONG internationales Elles ont souvent à la fois des activités locales et un horizon national et international, qui leur permet d’influencer les décisions à des niveaux parfois élevés.

 

- Des associations locales Elles se chargent de la gestion communautaire de certains services publics ou d’activités professionnelles. Elles ont des relais locaux importants et peuvent se constituer en représentantes de certains secteurs de la population locale.

 

- Des chercheurs Ils effectuent des études sur le territoire aménagé et sont à ce titre au fait des réalités sociales locales.

 

La population nationale Elle a une influence directe très limitée sur les décisions en matière d’aménagement hydraulique, mais bénéficie généralement de l’électricité produite par les grands barrages.

 

HUDDA Ses membres sont mandatés par la société de projet, et font le lien entre les différentes parties prenantes. Ils sont les médiateurs sur le terrain entre la société d’exploitation et la population locale, dont ils analysent les craintes, désirs et aspirations. Ces informations sont transmises à l’exploitant et jumelées au cahier des charges, que Hudda communique aux populations locales. L’association mobilise des membres de la société civile et des collectivités pour analyser l’environnement local et établir des contacts avec la population. Hudda accompagne les communautés locales dans la conception et la réalisation d’un plan de développement socio-économique, de façon à faire de la construction du grand barrage une opportunité.

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